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Victoire de Macron: la vague populiste endiguée?

08-05-2017 | Insight | Leon Cornelissen

Emmanuel Macron a été confortablement élu président de la République française. Ce résultat représente l’issue la plus favorable pour les marchés financiers et pourrait signaler que la vague populiste qui a balayé la politique mondiale s’affaiblit.

Points clés
  • Le centriste a largement battu sa rivale à 66% contre 34%
  • Il devient le plus jeune chef d’Etat français depuis Napoléon
  • Ce résultat est positif pour les marchés financiers et l’UE
L’ancien banquier d’affaires et ministre de l'Economie centriste, qui avait créé son propre parti politique afin de s'écarter des lignes conservatrice ou socialiste dominantes, a largement battu dimanche Marine Le Pen, la candidate du Front National, le parti d'extrême droite et l'anti-Union européenne (UE). Emmanuel Macron a remporté 66% des suffrages exprimés, contre 34% pour Marine Len Pen, soit l’une des victoire les plus nettes dans l’histoire de la démocratie française, même si un électeur sur quatre s’est abstenu.

« La vague populiste a été endiguée, en tout cas pour l’instant », affirme Léon Cornelissen, chef économiste de Robeco. « Il s’agit d’une victoire impressionnante mais il faut également garder à l’esprit qu’elle explique en partie par une réaction contre l’extrême droite, plus que par une véritable adhésion au projet modernisateur du nouveau président. »

À l’âge de 39 ans, Emmanuel Macron devient le plus jeune chef de l'Etat français depuis Napoléon Bonaparte, qui s'était fait proclamer empereur à l’âge de 34 ans en 1804. Il devient également le plus jeune dirigeant parmi les membres du G20 des pays les plus industrialisés. Ancien ministre de l'Economie, de l'industrie et des affaires numériques de 2014 à 2016, il dispose cependant d’une expérience de gouvernent. Emmanuel Macron a été fonctionnaire de l'Inspection générale des finances et banquier d’affaires chez Rothschild & Cie.

« Emmanuel Macron tient un discours favorable à l’entreprise et demeure un fervent pro-européen, ce qui renforce l’UE à un moment où elle est remise en cause par le Brexit. Cette élection ne devrait pas rendre les négociations plus faciles pour le Royaume-Uni », souligne encore Léon Cornelissen.

« La victoire d’Emmanuel Macron sera accueillie avec soulagement par les marchés financiers aujourd’hui, alors que l’indice Nikkei japonais a progressé de plus de 2% en réaction à cette nouvelle », note pour sa part Lukas Daalder, responsable des solutions d’investissement chez Robeco. « Nous pensons que ce résultat constitue un signal positif pour les actions européennes, qui n’ont pas encore vraiment réagi aux bonnes publications de résultats d’entreprises du premier trimestre ».

« Ceci étant, il semble que les marchés avaient largement anticipé la victoire d’Emmanuel Macron. Cela explique probablement la réaction relativement limitée de l’euro jusqu’ici. Alors qu’il avait progressé de 1,5% face au dollar au lendemain du premier tour, la monnaie unique est quasiment inchangée ce matin ».

« Sur les marchés obligataires, la réaction est similaire: l’écart de rendement entre les obligations d’Etat françaises et allemandes qui s’était resserré passant de 75 points de base avant le premier tour, ne se situait déjà plus qu’aux alentours de 40 points de base vendredi », note Lukas Daalder. « Compte tenu de l’issue incertaine des prochaines élections législatives, un écart de taux de l’ordre de 35 points de base semble raisonnable ».

Législatives en vue

Au-delà de l’âge du nouveau président, cette élection se distingue par plusieurs éléments exceptionnels. Pour la première fois dans la cinquième république, aucun des candidats des principaux partis politiques dominants ne figurait au second tour, tandis que le président sortant, le socialiste François Hollande n’a pas tenté d’être réélu.

Emmanuel Macron a créé en avril 2016 le parti centriste social-libéral « En Marche! », également appelé Association pour le renouveau de la vie politique. Certains observateurs critiques ont noté que les initiales du parti sont les mêmes que celles de son fondateur, même si Emmanuel Macron soutient qu’il ne s’agit que d’une coïncidence. Le nouveau président prendra ses fonctions au plus tard le 14 mai, lorsque le mandat de cinq ans de François Hollande expirera.

Le scrutin présidentiel passé, l’attention des investisseurs se tourne désormais vers les élections législatives du mois de juin et sur la capacité du mouvement En Marche!, qui ne dispose actuellement d’aucun siège au parlement, à dégager une majorité. « Le premier défi d’Emmanuel Macron sera de trouver une majorité à l’Assemblée nationale pour son projet », explique Léon Cornelissen.

« La formation d’un gouvernement de coalition est probable »

De récents sondages suggèrent qu’il pourrait remporter entre 249 et 286 sièges sur un total de 577. « Le scenario d’une courte majorité absolue ne peut être totalement écarté, mais est plus probable qu’Emmanuel Macron devra former un gouvernement de coalition avec un ou plusieurs des partis traditionnels ». Une partie de l’électorat réfractaire au changement, qui a tout de même voté en faveur d’Emmanuel Macron à la présidentielle, pourrait choisir de limiter le pouvoir d’En Marche! au parlement.

« Selon un sondage récent, le parti de centre-droit Les Républicains devrait obtenir entre 200 et 210 sièges, ce qui rendrait une coalition avec En Marche! plausible. Le parti d’extrême droite Front National devrait quant à lui demeurer largement minoritaire à l’Assemblée, avec entre 15 et 25 sièges. De son côté, Marine Le Pen devrait se positionner en vue des prochaines élections présidentielles de 2022 », note Léon Cornelissen.

Conjoncture favorable en zone euro

Quels seront les grands chantiers du nouveau président ? « Le plus probable est qu’il se la réforme du droit du travail, en facilitant la négociation au niveau de l’entreprise plutôt qu’au niveau national, et qu’il flexibilise la durée du travail », prédit Léon Cornelissen.

« Il ne sera pas non plus difficile pour ce Kremlin-sceptique d’entretenir des bonnes relations avec l’Allemagne. Une idée intéressante qu’il a porté est la création d’un budget et un ministère des finances pour les politiques d’investissement et stabilisation macroéconomique au niveau européen », souligne Léon Cornelissen. « Toute initiative dans ce domaine devra sans doute attendre le résultat des élections générales allemandes en septembre prochain », ajoute-t-il.

La France est traditionnellement restée relativement réfractaire au changement et sa position économique s’est affaiblie, notamment face à l’Allemagne. À titre d'illustration, par exemple, le taux de chômage des jeunes en France est de 25% et se situe environ10% au niveau global, contre respectivement 7% et 4% Outre-Rhin.

Certains prédécesseurs d’Emmanuel Macron ont tenté des reformes mais se sont en général heurtés à une résistance farouche. « Après le tremblement de terre politique du premier tour, les perspectives sont désormais meilleures », note cependant Léon Cornelissen. Selon lui, ceci augmente les chances de survie de l'euro.

« La zone euro traverse actuellement une période d’embellie économique, après deux trimestres de croissance de 0,5%, et les indicateurs du climat des affaires signalent une nouvelle hausse de l’activité proche de 0,7% pour le deuxième trimestre 2017. L’union monétaire peut donc désormais envisager une croissance supérieure à 2% pour cette année. Cette vague tire l’ensemble des pays de la zone euro, y compris ceux de la périphérie », souligne Léon Cornelissen.

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